Dialogue entre Cordélia et le Monde


- Où es-tu, toi dont je ne vois plus que le dos ?
- Pas avec toi. Lâche ma main.
- Je t'ai vu de face, un jour.
  Ceci n'est pas ton visage.
- Illusion ! Tu as rêvé je te dis.
  C'est toi le mensonge.
  Toi qui, dans ta folie, t'obstine à me tordre le cou 
  afin, dis-tu, de me faire avouer ma beauté.
  Va-t-en maudite sirène.
  Je suis né boiteux et te jette ton or
  à la figure.
- Retourne-toi et regarde-moi. Tu es beau.
- Reprends ton bien, ton rêve fumeux et ensorcelant
  et fais-toi en une corde.
  Tord-toi le cou avec
  et que je n'entende plus ta poésie.
- Je chanterai et lèverai une armée contre toi
  et bataillerai jusqu'à ce que tu cèdes.
- Des guerriers, ta misérable troupe ?
- Des soldats vaillants 
  et même si je devais rester seule,
  je ne cesserai
  de te faire face.