De la joie: qu'il y ait quelqu'un


Un élève: "Tout est dans la confiance. Tout part de là"

Lâchez prise. Mettez votre moi au vestiaire. Débarrassez-vous de tous vos sacs: ils vous alourdissent, vous encombrent, vous cachent. Vos sacs sont vieux, ils savent trop. Les expériences ont déjà été faites. L'enfance est loin.

Ici, on ré-expérimente le premier pas, le premier mot, le premier sourire.  Ici, vous êtes protégés. Ici, rien que de la bienveillance.  Laissez tomber  les masques du dehors. Jouez ! Le parc d'enfant. 

Faire tout comme pour la première fois. Faire de chaque chose, chaque geste, chaque mot un évènement. Etre sans cesse dans l'étonnement. Avoir tout oublié. Enfance. Forcément joyeux, quelque ce soit le sentiment, le texte qu'on joue. La joie est notre boussole.


La joie et non pas le bonheur. La joie est proche de la très grande colère: affirmation, revendication, combat contre la mort. Les empêcheurs d'existence. La joie comme la colère libère.

Non seulement se donner le droit d'être là, mais aussi  l'obligation d'y être. La première règle: qu'il y ait quelqu'un. Sinon, il n'y a personne.

Le corps est poreux, de toute part. Ne pas chercher à faire, se laisser faire.

Lâcher, oui, mais en même temps: tout est choix. Chaque geste, chaque mot est affirmé parmi des milliers d'autres. La pensée a parcouru puis rejetté, en un millième de seconde, des centaine de mots pour n'en retenir qu'un seul. Précision du vocabulaire. Ce choix est joyeux.
Passer par la négation pour affirmer. Oser. Chaque respiration, un risque, un pari, un combat. Une joie.
L'essence de celui qui est vivant: la joie.

Aller jusqu'au bout de chaque mot, de chaque geste.

Sentiment que ce qu'on cherche, c'est cette position: une continuité joyeuse, apaisée et profonde entre la tête et le corps.

Soyez joyeux et confiant. Rilke